 Mes pieds quittent la terre ferme. Je m’envole dans la dame de fer. 1er étage, arrêt magique. La salle est rouge, cosy, confortable entre rétro et élégance. « A droite oui, c’est bien à droite il y a une rambarde pour s’asseoir ». Mes amis, moi, ensemble. Le sourire danse sur mes lèvres. Excitée comme une petite fille, j’ai du mal à contenir cette angoisse magique de la parenthèse qui s’entrouvre. On est heureux pour moi, on m’embrasse, moi qui ne suis pas tactile. Au revoir cher quotidien, au revoir imbuvables relations consanguines, au revoir Dame Anorexie et cie. Je vous abandonne quelques heures, j’ai pris mon billet pour une autre planète… Des mains qui dansent, des voix qui portent et s’entremêlent, son regard, cette émotion partagée, la communion est idéale : plus rien n’existe à part nous. Sa vague m’emporte loin, la tête vidée je me laisse guider là où elle veut nous mener, dans l’oubli, dans le rêve, au cœur du partage. Une intro fatale, trois notes sur un piano, surprise, j’ai glissé…jusque dans mes propres larmes. « Father » et mon cœur sous le rouleau compresseur. L’excitation du début se confond en une profonde gène, une honte paralysante mais les larmes continuent de couler. Ses yeux posés sur moi comme un pansement. Les bras de mes amis comme un refuge, un repère. La parenthèse se referme sur cet exutoire musical. Paris est à nos pieds, ma cigarette me réchauffe un tant soit peu, je m’isole, les larmes continuent de couler. Les souvenirs me serrent la gorge, son visage me poursuit. Je voudrais, je n’y arrive pas. Il faisait froid ce jour là. Le vent glaçait mes jambes presque nues. Il brûlait mes mains tendant vers un effrayant bleu violacé. La nuit avance, mes larmes s’estompent doucement, mes yeux rougis par tant d’effort lacrymal restent témoins de leur passage sur mes grosses joues. Sa voix résonne, les larmes réapparaissent. Self control. Une voix qui m’appelle. Sa main dans la mienne, me serrant si fort. Joue contre joue. Elle m’a vu, elle avait peur de me regarder et de craquer à son tour. Elle m’a dit d’être forte, de prendre soin de moi. Un rien peut réchauffer, un rien peut atténuer le froid glacial qui anesthésie notre cœur. Mes pieds ont eu du mal à retrouver le chemin de la terre, le sentir de ma maison. Doucement j’ai avancé, la même chanson en tête et les larmes qui roulaient... |
30-11-2006, 13:01:45
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C'est vrai que c'est une chance d'avoir des amis, d'avoir un entourage et une belle dame qui posent sur toi un regard compréhensif et des mains tendres.
Profites-en.
Merci de partager avec nous ces émotions.
Marlène